Le mauvais calcul du GEO

À lire comme on écoute – Guillaume Valenti

Ça m’agace, cette panique.

On voit les éditeurs redouter de perdre une audience informationnelle qu’ils ne savaient déjà pas monétiser, et on les regarde rediriger leurs efforts vers l’impression et la citation GEO, un terrain qu’ils maîtriseront encore moins que celui qu’ils fuient.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas y être. Ne pas être cité demain sera une contre-performance, comme ne pas être indexé l’a été hier. Mais une citation ne vaut rien si elle ne porte pas la singularité de la marque et de l’offre. Cette singularité ne se construit pas avec un nouvel outil ou une R&D dédiée au GEO. Elle se construit avec du bon SEO et les signaux EEAT que Google documente depuis des décennies. Le GEO ne récompense pas une nouvelle discipline. Il récompense une discipline qu’on a trop souvent bâclée.

Pendant qu’on se précipite sur un canal dont la valeur reste à prouver, on laisse des boulevards sur les réseaux sociaux, où le poids d’une impression en performance dépasse encore largement celui d’une citation LLM. Le mix le plus solide pour les prochaines années, c’est un édito singulier porté par la vidéo et le social, pas un budget englouti dans l’optimisation d’impressions IA. Ce sont les mêmes signaux, SEO et sociaux, qui nourrissent aussi le GEO. On peut construire les deux avec le même geste, à condition de commencer par le bon.

Alors revenons aux bases, parce qu’on les a oubliées en chemin. Un client ne signe pas au moment où il vous découvre. Il vous croise, il hésite, il vous oublie, il revient. Le zero moment of truth, c’est ce moment de recherche avant l’achat, quand il compare, quand il se renseigne partout où on parle de vous, avis compris, et où tout ce que vous avez raconté ailleurs se vérifie ou s’effondre. Puis il achète, et commence la lune de miel, cette période où la confiance s’installe pour de vrai, où il est assez attaché pour laisser un avis à son tour. Et cet avis-là devient une des pièces du zero moment of truth du client suivant. Ça ne se pilote pas avec une citation IA. Ça se pilote avec des preuves qui tiennent, dans la durée.

Et pourtant on préfère la hype. On préfère s’acheter du GEO plutôt que de blinder son milieu de funnel. On préfère s’enrichir d’expositions TV plutôt que de réellement engager nos cibles sur les réseaux sociaux. Confondre l’achat de visibilité et la construction de confiance, c’est le vrai risque. Plus grand que celui de rater une citation.

PS, pour être honnête jusqu’au bout : je fais de la pub sur les LLM et je vends des offres GEO. Mais pas les mêmes que les autres, parce que j’évalue d’abord le potentiel réel des autres canaux et les opportunités qui créent de la valeur plus vite.

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